Dictée du Pacifique 2020

La Dictée du Pacifique 2020 proposée par l’Alliance Champlain 

dans le cadre de la Semaine internationale de la Francophonie 2020

Les gagnants du groupe Juniors

1er prix : Sarra JOUMADY – 
2ème prix : Martin TANYOT
3ème prix : Fany LE TALEC

Les gagnants du groupe Seniors

1er prix  : Sandrine TEYSSONNEYRE
2ème prix : Christine BOURRELY
3ème prix : Yvette THORFAU

 

                               

La banderole de l’Alliance Champlain orne le balcon du Pavillon Eiffel dans le parc de la Bibliothèque Bernheim. L’écrivain et poète, Frédéric Ohlen s’apprête à lire le texte sélectionné par l’association tandis que les concurrents se sont répartis dans la grande salle de lecture. Au fond, on aperçoit l’escalier qui conduit aux locaux désormais occupés par la Maison du Livre. 

                                                                    

Yannick Petre-Hickson, Michèle Beaudeau, Alain Larguiller et Frédéric Ohlen encadrent les deux groupes de gagnants. C’est le Président de l’Alliance Champlain, Daniel Miroux qui assure le reportage raison pour laquelle il ne figure pas sur les clichés. 

La Dictée du Pacifique, édition 2020

La Dictée du Pacifique, rendez-vous annuel des amoureux de la langue française et incollables – ou presque – en orthographe, a changé de décor, cette année.

En effet, la Grande salle d’honneur de la Mairie de Nouméa étant réservée aux élections municipales, c’est à la Bibliothèque Bernheim qu’elle est revenue, dans le splendide îlot de verdure ayant accueilli les premières compétitions. Notamment la toute première diffusée en direct depuis la métropole et lue par Bernard Pivot à partir d’  texte zxtrait d’une œuvre de Jules Vernes.

C’est donc dans le corps de bâtiment originel de la bibliothèque, dit la Salle Eiffel, qui abrite aussi la Maison du Livre, que les concurrents ont été accueillis et installés aux tables et chaises mises en place par l’équipe de Christophe Augias, le Directeur de la bibliothèque. Un grand merci à nos amis bibliothécaires qui exercent l’un des plus beaux métiers du service public. 

Une fois les copies  vierges et les stylos distribués, les concurrents bien installés, c’est Frédéric Ohlen, auteur bien connu des calédoniens, publié chez Gallimar, qui a fait découvrir aux concurrents un texte magnifique. Il s’agit d’un extrait tiré d’un roman de l’écrivain mélanésien originaire de Lifou, Léopold Hnacipan, mettant en scène un personnage peu banal mais terriblement attachant, dénommé Nash.

Extrait du roman de Léopold Hnacipan, « Les fleurs de potr et autres nouvelles »
Éditions HUMANIS,  p 82 et 83

Nash était un coq magnifique qui faisait l’orgueil de notre maison. Ses plumes rouge ambre et noires pendaient de sa queue et balayaient le sol sur son passage comme la toge d’un empereur. Il nous rendait fiers.

 Nash vivait paisiblement au milieu de son harem caquetant. Chaque matin, je pouvais déceler son chant dans la cacophonie qui tirait le soleil de la nuit. Il dormait sur la plus haute branche du litchi qui surplombait la maison du vieux Kafeiat. Le vieux m’avait suggéré de le tuer et de le cuisiner pour donner gout aux marmites d’igname. J’avais refusé parce que le coq était devenu l’emblème de la maison. Nash rentrait toujours dans la case pour picorer les restes de riz et de pain qui trainaient sur le sol. Son troupeau de poules le suivait jusque sous la table à manger. Thaijö, le premier-né de la famille leur courait après.

 C’était une très grande joie de les voir ensemble.

 Ce matin-là, en sortant de ma case,  je trouvai Nash dans une posture étrange. Il était comme piqué sur une patte, à côté du chambranle qui bordait l’entrée. L’autre patte, bien repliée, disparaissant dans les plumes de son ventre. Ses paupières tombaient toutes seules sur des yeux qui ne pouvaient plus voir. De toute évidence, la vie se détachait lentement de cette masse qu’elle avait autrefois emplie de fierté. Quelle tristesse de voir ma belle créature dans cet état ! Sa sève vitale se retirait comme la mer s’éloigne du rivage à marée basse. Hélas ! Les beaux jours sont comptés. Et le temps est avare.

 Le coq était venu mourir devant la porte, là où Élisa avait planté un joli rosier. Notre phénix ne poussait plus son chant de bravoure. Il était certainement fixé sur son sort et redoutait désormais les autres coqs qu’il avait menacés dans sa verdeur. Toute la journée, Nash se tint figé tel un jouet sur le seuil de la case, sous le rosier, parmi les autres jouets de Thaijö.

« Qu’il est encore beau, pourtant », me dis-je avec tristesse.

 Le lendemain, en sortant de l’école, quand je passais le grand portail de l’entrée principale, je m’étonnais de voir un chien détaler de sous le flamboyant de la maison du vieux Kafeiat. Une bourrasque se leva aussitôt, suivie d’un violent craquement de bois. (…) Un air sec et brulant me fouetta le visage et m’obligea à fermer les yeux. Il envahit et me boucha les narines jusqu’à m’étouffer. (…) Dans un réflexe de recul, j’inclinai mon torse vers l’arrière, fis cligner frénétiquement mes paupières et vidais mes poumons autant que je pus avant de reprendre mon souffle. La tête me tournait. J’étais sur le point de tomber. Je me servis alors des deux sacs noirs emplis de livres de cours qui pendaient à mes bras pour me maintenir en équilibre…  Une force invisible venait de me traverser. Un esprit s’était échappé.

ANNONCE DE LA DICTÉE 2020

Chers amis de la langue française

                                                                      … en 2020, notre Dictée du Pacifique revient !

Mais en raison des élections municipales, la Ville de Nouméa n’a pu prêter sa Grande salle d’honneur ce que l’Alliance Champlain comprend très bien.

Le samedi 14 mars à partir de 13 h 30, nous vous retrouverons donc à la Bibliothèque Bernheim,  qui est  – souvenez-vous, le premier « berceau » de la Dictée en Calédonie. Les anciens se souviennent probablement de la mythique retransmission depuis Paris avec la voix de Bernard Pivot, d’un extrait des 20 000 lieues sous les Mers de Jules Verne. 

Pour la 5ème fois depuis que notre association a repris le flambeau, les Calédoniens vont se mesurer à la langue de Molière et des innombrables auteurs qui s’en délectent. Quoi que l’on en dise, elle n’est pas plus difficile qu’une autre. Tout dépend de l’enseignement qui en a été donné et … reçu. En tout cas, dans la version 2020 proposée par l’Alliance Champlain, elle va se présenter dans le texte magnifique d’un auteur local. Les ex-aquo auront, comme à l’accoutumée, à se mesurer au petit paragraphe de départage concocté par l’association. Vous n’en saurez pas plus… 

Un grand merci par avance à la Bibliothèque Bernheim avec Christophe Augias et son équipe dont l’accueil est toujours aussi chaleureuxToute l’équipe de l’Alliance Champlain.

NB  : Aucun souci pour se garer, l’Avenue de la Victoire est toute proche ainsi que la Place de la Moselle. Elles seront désertes. N’oubliez pas de vous munir d’un stylo et d’un billet de 500 F en faisant l’appoint, SVP : cette obole nous aide à couvrir nos frais d’organisation ainsi qu’à financer les cadeaux promis aux gagnants.

 

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