Forum francophone du Pacifique 2015 + Pilou des Mots 2015

Forums francophones du Pacifique
2015 – 8e Forum francophone du Pacifique
jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17 octobre 2015

Pays invité d’honneur : Pondichéry

La conférence de presse précédent l’ouverture du Forum

    

Mardi 13 octobre 2015

Conférence de presse de M. Bernard Deladrière au  Centre de Rencontres et d’Échanges internationaux du Pacifique

Une conférence de presse organisée le mardi 13 octobre à 14 h,  par le cabinet de M. Deladrière, membre du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en charge de la Francophonie, a précédé l’ouverture du 8e Forum francophone du Pacifique. Le grand artiste pluridisciplinaire indien et parfaitement francophone, Raghunath Manet accompagné de deux danseuses de sa troupe sont arrivés avec M. Éric-Normand Thibeault, Représentant régional Asie-Pacifique de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et M. Janvier-Kamiyama, Consul Général de France à Pondichéry, précédés de M. Chan-yone, attaché au Cabinet de M. Deladrière.

Après avoir exposé l’historique et les buts des Forums Francophones du Pacifique dont la 1ère édition remonte à 2008, M. Deladrière a souligné l’extrême importance de créer et pérenniser les liens entre la Nouvelle-Calédonie et les Alliances Françaises du Pacifique. Il s’est félicité de la présence pour la 2e année, d’un représentant de l’OIF en la personne de M. Thibeault. Il a rappelé le rôle essentiel du CREIPAC dans l’organisation de cette manifestation. Il a signalé aussi celui de l’Alliance Champlain, qui depuis 30 ans défend et promeut la langue française dans le pays et qui, dans le cadre de ces Forums, organise le concours Le Pilou des Mots dont le but est d’associer les Calédoniens à l’évènement.

M. Deladrière a expliqué son choix d’inviter l’Alliance Française de Pondichéry car de nombreux Calédoniens descendent de familles installées autrefois dans ce magnifique Comptoir français des Indes. Lui-même, enfant, avait eu la chance de suivre son père lors d’un séjour en tant qu’envoyé de la France dans cette ancienne enclave française restituée à l’Inde dans les années 50. Il en avait, dit-il, avait gardé un merveilleux souvenir.  

M. Thibeault axe son intervention sur les bienfaits immenses de la Toile mondiale qui permet d’unir tous les Francophones dispersés dans le monde, à savoir 275 millions de locuteurs, selon l’OIF. Le principal de ces bienfaits étant la possibilité d’étudier la langue française, en ligne, sachant que la Toile ne saurait évidemment remplacer le professeur. Il évoque le rôle très important de l’OIF non seulement pour la diffusion de la langue française, mais des valeurs portées par l’Organisation notamment en terme de citoyenneté. Et de citer les possibilités de rapprochement entre les terres francophones aussi éloignées les unes des autres comme les Comores et le Viet-Nam par exemples. Il indique que 900 000 professeurs de français enseignent dans un réseau de 8 000 Universités dont les Agences Universitaires de la Francophonie. Il rappelle que la Francophonie comprend plusieurs instances officielles telles que l’Association des Maires Francophones, l’Assemblée des Parlementaires de la Francophonie. Autant d’organes qui oeuvrent à la formidable diffusion culturelle de la langue française et de la francophonie tout en restant ouverts aux autres cultures. Il évoque l’idée de réunir une plateforme artistique et ce faisant salue M. Manet, francophone accompli, pour son travail au bénéfice des jeunes générations.

M. Deladrière passe ensuite la parole à M. Manet qui, dans un français impeccable, sans accent, évoque longuement sa passion des arts qu’il pratique : la musique, la danse, la poésie et de la langue française. Il présente les deux ravissantes jeunes femmes, toutes deux danseuses en costume indien, dont l’une, souligne-t-il a été première de sa promotion lors d’un récent examen.

Avant de passer à la séance de questions par la presse, M.Deladrière présente M. Le Consul Général de France de Pondichéry (cf 2e photo pc gauche, ci-dessus).

À la question concernant les efforts énormes à déployer pour que prospère la Francophonie, M. Deladrière répond que la Francophonie qui ne comptait que 135 millions de locuteurs dans les années 50-60, se renforce puisqu’elle en compte actuellement 275 millions et que certaines projections basées sur l’évolution démographique africaine pourraient porter ce chiffre à 750 millions.

M. Thibeault renchérit en précisant que la langue française est langue première étrangère enseignée dans toute l’Europe de l’Est, de même qu’en Asie en Corée et au Viet-Nam, ce dernier étant un maillon fragile puisqu’il ne compte que 600 000 francophones (NdlR : pour 90 millions d’habitants).  Il décrit la Francophonie comme une mosaïque humaine de cultures, un immense espace de mobilité. Il conclut qu’elle doit former un rempart contre le monolinguisme et qu’à cet égard, elle doit soutenir l’enseignement d’autres langues.

Délégation OIF et Pondichéry

La conférence s’achève par la traditionnelle photo de groupe sur le splendide bord de mer longeant le CREIPAC.

Le Pilou des Mots 2015
La remise des prix, les poèmes et le règlement

 

 Les paquets-cadeaux des prix ont été embarqués à destination du Méridien, le superbe hôtel au bord d’une plage de Nouméa, et sont disposés sur une table sous le grand faré avant remise aux lauréats.

La réception de clôture du 8e Forum du Pacifique, où se pressait la trentaine de représentants des Alliances Françaises du Pacifique, accompagnés de M. Éric-Normand Thibeault, de nationalité canadienne et Québécois, Représentant régional de l’Organisation Internationale de la Francophonie en Asie-Pacifique, a commencé à 19 h 30.

Monsieur Bernard Deladrière, Membre du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en charge de la Francophonie puis M. Thierry Santa, Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, ont prononcé chacun une allocution. Ils ont brossé l’historique des Forums Francophones du Pacifique depuis l’organisation de la 1ère édition en 2008, sous l’impulsion, de M. Jean-Claude Briault, membre du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, à cette époque. Ils ont aussi annoncé les grandes lignes d’un projet de fédération de la Francophonie dans le Pacifique Sud, porté par la Nouvelle-Calédonie.

Il a été rappelé également que c’est le Centre de Rencontres et d’Échanges du Pacifique (CREIPAC), qui est l’opérateur, depuis 2008, de la manifestation.

M. Daniel Miroux, Président de l’Alliance Champlain a présenté ensuite les origines et buts du concours le « Pilou des Mots » créé en même temps que les Forums et confié à l’Alliance Champlain avec le soutien du CREIPAC.  Puis il a  évoqué les éditions successives du concours. Dont notamment, la première qui avait appelé les poètes à composer sous la forme de haïkus et qui recueillit un phénoménal succès, posant de véritables dilemmes aux membres du jury. Les suivantes étaient proposées sous la forme de calligrammes, d’acrostiches, d’alexandrins ou sur des thèmes divers comme les XIVe Jeux du Pacifique, La faune et la flore calédoniennes, les expressions et mots calédoniens. Cette année, à l’occasion de l’invitation de l’Alliance Française de Pondichéry et de la prochaine COP21/Conférence de l’ONU sur les changements climatiques qui ouvrira à Paris en novembre prochain, ce sont ces deux sujets qui ont été proposés (voir le règlement ci-dessous). Malgré leur difficulté, notamment du premier, des oeuvres très belles sont parvenues à l’association. Le jury encore une fois, fut quelque peu à la peine pour départager certains candidats.

C’est Mme Ghislaine Rivaton, Secrétaire générale de l’Alliance Champlain, en charge du concours avec le CREIPAC, qui a procédé à l’appel des gagnants et à la distribution des prix avec l’aide souriante de MM. Santa, Deladrière et Thibeault, M. Miroux aidant à la remise des paquets-cadeaux (voir le détail de la dotation ci-dessus).

Anthoine,  12 ans, 1er prix Juniors, représenté –  Nolhan, 10 ans, 2e prix Juniors –  Mélina , 13 ans, 1er prix Adolescents –  Juliette, 3e prix, adolescents.

 Mme Michèle Beaudeau, 3e prix Adultes,  M. David Gouraud-Maury (lunettes), 2e prix Adultes, Mme Anne-Marie PRALONG, alias Jorge Valour, Melle Diandra NIHOMO, Prix spécial Vanuatu, Lycée Le Clézio de Port-Villa remis à Mme Dominique VAYSSE, Conseillère Coop.& Action Culturelle, Ambassade de France à Port-Vila, par M. Alain Funel, Service Mission aux Affaires Culturelles HCR
                                                                      
                                                              

La traditionnelle photo de groupe a rassemblé tous les gagnants devant le Président et la Secrétaire générale de l’Alliance Champlain.

1er prix : Anthoine , 12 ans

(À lire sur un rythme de rap)

Hé, toi l’ami
 L’ami d’Calédonie,
 T’as vu c’qu’est arrivé
 À not’terre bien aimée !
 T’as plus rien à manger
 T’a plus qu’l’eau à filtrer
 T’as plus d’télévision, d’radio, d’auto
 T’as plus ton smartphone
 Pas même un téléphone…
 On l’avait bien prédit
 Les écolos aussi…
 Mais on continué,
 Continuer à polluer
 Et puis à consommer
 Tant, que c’était pitié.
 Alors, voilà ta terre
 Submergée de lumière.
 Tu bous l’été, tu gèles l’hiver,
 C’est l’enfer !
 Et tu te demand’ bien
 Comment tu pourrais faire
 Pour éviter la guerre
 De ceux qui veulent encor’
 Essayer d’vivre sur terre.
 Hé, mon frère !
 Ton île n’est plus qu’un vaste cimetière.
 Les pétrels sont partis
 Et les dugongs aussi.
 Les cerfs ont pullulé
 Et puis tout dévasté,
 De nouvelles races sont nées
 Toujours plus agressives.
 Eh, oui, il faut survivre !
 Car ta technologie
 À rien ne t’a servi…
 Courage, mon frère,
 Jamais, ne désespère !

 

 

 

 

 

 

2e prix : Salomé, 15 ans

Hélas, que laisserons-nous à nos pauvres
Enfants mutants, héritier des retombées
Radioactives des abominations nucléaires ?
Industries avides, sans conscience,
Tant de profits honteux, de dégâts irréversibles,
Apocalypse écologique programmée pour bientôt,
Gigantesque pillage de notre vulnérable patrimoine,

Epouvantable toxicité de l’eau, du sol contaminé.

Malgré les vains efforts de nos dirigeants autistes,
Ouragans, tornades et cyclones seront votre quotidien,
Raz de marées, submersions des îles paradisiaques vous guettent.
BIENVENUE, dans un monde sinistre servant de pandémonium,
Infernal supplice des espèces agonisantes,
Des espoirs gâchés, des rêves brisés,
Expiez-vous pour nos infâmes péchés ?

Déforestations massives des poumons du monde,
Espérance de vie annihilée par manque de précautions,
Santé désastreuse, malnutrition, air empoisonné.

Goûterez-vous au plaisir malsain des marées noires ?
Espèrerez-vous éradiquer cet imputrescible 8e continent ?
Nul ne sera épargné, animaux exterminés, végétaux métamorphosés, humains dégénérés,
Envierez-vous la belle époque, celle d’avant ?
Regarderez-vous les images merveilleuses des fabuleux
Animaux que vous ne connaîtrez, ne toucherez jamais ?
Tigre du Bangale, Panda géant, Tortue, Gecko à queue feuillue, Dauphin de  l’Irrawaddy…
Imaginerez-vous l’eau turquoise, le ciel azur de vos aïeux ?
Où irez-vous, réfugiés climatiques, refoulés de toutes parts ?
Nous maudirez-vous pour les infections vectorielles, les épidémies et la famines récurrentes ?
Souhaiterez-vous que nous pourrissions en enfer, vous qui y êtes déjà ?

Ferons-nous encore longtemps semblant de ne rien voir ?
Urgemment, agirons-nous pour limiter les cataclysmes ?
Tenterez-vous d’échapper aux températures caniculaires ?
Utopie monstrueuse de bien-être ayant échoué,
Rirez-vous de notre inqualifiable bêtise ?
En aurez-vous au moins la force ?
Ou serez-vous désespérés ?
Sauvez votre âme, pour la planète, c’est trop tard.

Nota : on remarquera la forme d’acrostiche.

 

 

3e prix  Adultes, Michèle BEAUDEAU

 LA VILLE BLANCHE

Ville blanche et mystérieuse, terre au destin doux et amer,
Dans ton coeur, tu gardes l’empreinte d’un passé colonisé.
Les Anciens, en gardiens possessifs, se font cerbères
En souvenir de tes douleurs et de ta liberté.

Tes rues baignées de lumière résonnent de mots français
Jusque derrière les façades pastel et les jardins ombragés.
Les touristes, manne salutaire d’une détresse à ciel ouvert,
Déambulent sous un chapeau de paille dans tes quartiers colorés.

Nuit et jour, la chaleur, la pauvreté se vit dans tes effluves
Nauséabonds des caniveaux qui se mêlent aux parfums d’encens
Et d’épices violente. Partout la souffrance, même dans les yeux
Ébène et les sourires ivoire, habillée d’un sari blanc ou chatoyant.

C’est Pondichéry.
C’est l’Inde qui se découvre, magique et unique, bouillonnante
Et belle, jusqu’aux abords de ses eaux sacrées que ses enfants
Vénèrent, s’en inondent et dans la prière, trouvent la sérénité.

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